Gabon : Un an après, « l’élection » de Brice Oligui Nguema est toujours aussi fausse
Un an après la présidentielle du 12 avril 2025, la controverse reste intacte. Dans cette tribune au vitriol, le journaliste et écrivain gabonais Jocksy Andrew Ondo-Louemba démonte, chiffres et références juridiques à l’appui, la validité de l’« élection » de Brice Oligui Nguema. De la révision inexpliquée des listes électorales aux écarts relevés dans plusieurs provinces, l’auteur soutient qu’au-delà du récit officiel d’un plébiscite, c’est la sincérité même du scrutin qui se trouve mise en cause. Lecture.
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La politique a ses passions, ses partisans et ses détracteurs. C’est le jeu. Mais il y a une limite que personne ne devrait franchir : celle où l’on nous demande de nier ce que nos propres yeux voient et surtout ce que toute logique mathématique et juridique impose. L’élection du 12 avril 2025 au Gabon défie toutes les règles de la logique, des mathématiques et du droit.
"Brice Oligui Nguema n’a pas été élu !", cette affirmation va à l’encontre de la doxa au Gabon lorsqu’on parle des élections présidentielles du 12 avril 2025. « Plébiscite », « Victoire écrasante » les mots ne manquent pas pour qualifier une « victoire » qui en réalité n’en est pas une et qui est – quand on y regarde de plus près – une honte absolue et sans doute l’élection la plus frauduleuse de l’histoire du Gabon. Regardons de plus près.
La prestation de serment du 5 mai 2025
Quand on compare les chiffres du ministère de l’Intérieur du Gabon et ceux de la Cour constitutionnelle gabonaise, on ne lit pas un résultat électoral. On lit une mauvaise fiction. Voici pourquoi, si l’on respecte un tant soit peu le peuple gabonais et son intelligence, on ne peut pas dire que Brice Oligui Nguema a été élu.
Le miracle des 7 700 "revenants"
Imaginez la scène : le vote est fini, les bureaux sont fermés, les scellés sont posés. Les résultats sont donnés par le ministère de l’intérieur dès le 13 avril 2025. Les commentaires sont élogieux on parle de « prouesse jamais vue au Gabon ». Le ministère de l’intérieur annonce 908.916 inscrits. Cependant, quelques jours après, dans le silence des bureaux de la Cour Constitutionnelle, 7 709 nouveaux inscrits apparaissent magiquement sur les listes et le nombre d’inscrits passe à 916.625 inscrits.
Pourtant, la loi (notamment l’Article 45 de notre nouveau Code électoral) est claire : une liste électorale est un socle fixe, pas une pâte à modeler que l’on étire après le vote. Faire apparaître des milliers d’électeurs "fantômes" une fois que les urnes ont parlé, ce n’est pas un ajustement, c’est une fabrication.
Le Woleu-Ntem ou le record du monde de l’impossible
Dans le Woleu-Ntem, on frise le surnaturel. On y a découvert près de 7 000 électeurs supplémentaires entre deux annonces officielles, propulsant la participation à plus de 93%.
Soyons sérieux : une telle unanimité n’existe pas dans une démocratie vivante. C’est une insulte à l’Article 50 qui exige la sincérité du fichier. On a voulu nous peindre un triomphe, on n’a réussi qu’à dessiner une anomalie grossière.
La Ngounié : le grand effacement
C’est peut-être le point le plus douloureux. Dans la Ngounié, le nombre de bulletins blancs ou nuls a été multiplié par dix en quelques jours, passant de 2 000 à plus de 20 000.
Pourquoi ? Parce qu’il est facile de neutraliser des voix gênantes en les transformant en "nuls" sur un papier officiel. C’est un déni flagrant de l’Article 113, qui veut que le dépouillement soit public. Ici, le choix de milliers de Gabonais a été tout simplement effacé dans l’opacité des calculs.
Le Moyen-Ogooué : là où les urnes accouchent toutes seules
C’est l’exemple qui fait s’effondrer tout l’édifice : dans cette province, la Cour décompte 2 000 bulletins de plus que de votants.
C’est mathématiquement impossible. C’est comme si, au moment de compter les invités d’un mariage, vous trouverez plus d’assiettes sales que de convives même si cela est possible dans une élection cela ne l’est pas. L’Article 118 du Code électoral est formel : le nombre de bulletins doit correspondre aux signatures. Quand les urnes débordent de voix orphelines, le verdict n’est plus nul, il est imaginaire.
La Cour Constitutionnelle a beau avoir apposé son sceau au bas du procès-verbal, un tampon ne transforme pas un mensonge en vérité d’autant plus que puisqu’il n’y avait aucun recours elle aurait dû valider tels quels les résultats du ministère de l’intérieur. En validant des résultats où les chiffres "dansent" (jusqu’aux 3 400 votants surgis de nulle part à l’étranger), les institutions ont brisé le contrat de confiance avec le peuple si tant est qu’il ait jamais existé depuis le coup d’Etat du 30 août 2023.
L’Article 132 nous garantit la transparence. On nous a pourtant servi l’obscurité la plus noire qui soit.
Oligui Nguema n’a pas été élu
On ne bâtit pas une nation sur un "bug" informatique ou sur des additions sélectives. Dire que Brice Oligui Nguema n’a pas été élu, ce n’est pas être un opposant acharné : c’est simplement savoir compter et disposer d’un minimum d’honnêteté.
Le Gabon ne peut pas avancer si sa fondation est un mensonge mathématique et étatique. Les chiffres ne mentent pas, ils hurlent. Et ce qu’ils disent aujourd’hui, c’est que les voix des Gabonais ont été égarées quelque part entre les bureaux de vote et la proclamation finale.
Les chiffres disent surtout que les résultats officiels sont faux, que le plébiscite du 12 avril 2025 au Gabon n’a pas eu lieu mais surtout que Brice Oligui Nguema n’a pas été élu ce qui n’empêche pas de constater qu’il gouverne le Gabon et que cette fraude pourtant manifeste ne dérange pas grand monde depuis un an...
Jocksy Andrew Ondo-Louemba, journaliste et écrivain gabonais
@info241.com
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